Ce mardi 28 novembre, le Bureau international des expositions (BIE) se réunit pour déterminer qui de Riyad, Rome ou Busan accueillera l’Exposition universelle 2030. L’événement, qui attire des millions de visiteurs, est gage de prestige et de développement pour la ville choisie.
Zoé Multeau (avec AFP)

Riyad, Busan ou Rome ? Ce mardi 28 novembre, dans l’après-midi, le Bureau international des expositions (BIE) va choisir qui accueillera l’Exposition Universelle 2030. L’événement est une opportunité majeure pour la croissance et le rayonnement de la ville choisie. L’Arabie saoudite, la Corée du Sud et l’Italie, qui disent toutes trois porter des projets verts à forte valeur technologique, ont mis en place un intense lobbying depuis des mois pour cela.
Les expositions universelles se tiennent tous les cinq ans et durent au maximum six mois. Elles permettent au pays choisi de « se montrer au monde », tout en étant « un laboratoire pour les architectes », estimait en avril 2022, Dimitri Kerkentzes, secrétaire général du BIE sur TV5 Monde. Elles permettent aussi de forger une « image politique » internationale, selon le sociologue Patrick le Galès. La dernière en date, à Dubaï, a enregistré 24 millions de visiteurs. Celle de 2025 se déroulera à Osaka, au Japon.
Riyad, accusée de greenwashing
La candidature saoudienne, soutenue par Paris, vante des « paysages naturels de niveau mondial », « l’exposition la plus durable » et la « première exposition carbo-négative ».
Mais elle est accusée de greenwashing, dans un pays aride qui compte parmi les premiers producteurs de pétrole au monde et émetteurs de gaz à effet de serre par habitant. Par ailleurs, 15 ONG de défense des droits humains ont appelé le 21 novembre les 179 États membres du BIE à ne pas voter pour Riyad, pour ne pas offrir « une plateforme mondiale à un régime qui a l’habitude de violer les droits humains fondamentaux ».
L’Expo-2030 à Busan, « l’occasion de mettre vraiment au centre du monde la Corée du Sud »
Côté sud-coréen, le président Yoon Suk-Yeol a promis « la meilleure Exposition universelle de tous les temps ». Busan, principale ville portuaire du pays, verrait son ancien port industriel rénové pour accueillir l’événement, avant de se transformer en Silicon Valley sud-coréenne, d’après Hwang Hyun-Ki, l’un des organisateurs de l’exposition. Pour le sociologue le Galès, « l’Expo-2030, c’est l’occasion de mettre vraiment au centre du monde la Corée du Sud », Etat dynamique qui cherche à s’affirmer.
L’Italie veut « rapprocher l’histoire et l’avenir »
Rome quant à elle veut « rapprocher l’histoire et l’avenir » en construisant pour l’occasion le « plus grand parc solaire urbain au monde », affirmait en juin la première ministre italienne Giorgia Meloni devant le BIE.
En 2015, l’Exposition universelle de Milan avait attiré 20 millions de visiteurs et redonné un coup de fouet à la capitale lombarde. L’Italie aimerait saisir l’opportunité à nouveau, observe M. le Galès. L’occasion aussi de financer des travaux de rénovation urbaine pour la ville, précise le sociologue.
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