Exposition universelle 2030 : L’Arabie saoudite veut gagner à tout prix

Ryad, Busan ou Rome ? Corée du Sud, Italie et Arabie Saoudite qui accueillera l’exposition universelle 2030 ? L’événement suscite les convoitises des Saoudiens. Le choix de la ville organisatrice sera connu le 28 novembre.

La réception Ryad 2030, visant à promouvoir la candidature de la capitale saoudienne à l’Exposition universelle 2030, à Paris, le 19 juin 2023. AFP – Ludovic Marin

La 173 ème assemblée générale du Bureau international des expositions (BIE) qui siège à Paris, élit ce mardi 28 novembre la ville hôte de l’Exposition universelle de 2030. Ryad a multiplié les efforts pour tenter d’arracher d’ultimes votes.  S’imposerait au premier tour quiconque empocherait 120 voix ou plus sur les 179 Etats membres votants.

Un enjeu de rayonnement mondial

L’Arabie Saoudite espère ainsi l’emporter et ainsi rayonner par son softpower grandissant. La dernière en date, à Dubaï, a enregistré 24 millions de visiteurs. Celle de 2025 se déroulera à Osaka, au Japon.

Mohammed ben Salmane, le prince héritier souhaite à tout prix faire la promotion de son pays. La pierre angulaire de ce projet : le tourisme. L’objectif est d’accueillir cent millions de visiteurs par an, à l’horizon 2030. L’Exposition universelle est la vitrine parfaite pour transformer Riyad en une grande capitale du divertissement mondial. Elle est l’occasion d’une mise en scène de la modernité, des avancées technologiques, sociales et économique du pays hôte.

Une candidature controversée

L’événement, qui attirera des millions de visiteurs, est l’objet depuis des mois d’un intense lobbying. Lors de la présentation des dossiers, en juin dernier à Paris, le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salmane, était présent. Arabie saoudite, Corée du Sud et Italie, tous se disent porter des projets verts. Le penchant vert du pays surnommé « roi du pétrole » questionne.

La candidature saoudienne, très controversée, vante « des paysages naturels de niveau mondial et la première exposition carbo-négative », décrit Patrick le Galès, directeur de recherche au centre français de la recherche scientifique (CNRS). Dans un pays parmi les premiers producteurs de pétrole au monde et l’un des premiers émetteurs de gaz à effet de serre par habitant, la situation offusque.  Du « greenwashing à grande échelle qui risquerait à valoriser les élites », observe Patrick le Galès. 15 ONG de défense des droits humains ont appelé la semaine dernière à ne pas voter pour Ryad du fait de son « épouvantable » bilan en termes de droits de l’Homme.

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Lucas Santerre