« Crève », « sale chienne », « arnaqueuse », « tu mérites d’être décapitée et lapidée »… Treize internautes comparaissent jusqu’au 5 décembre pour leur participation présumée au cyberharcèlement « en meute » sur Magali Berdah, patronne de l’agence d’influenceurs Shauna Events.

Insultes, menaces de mort, propos antisémites… Le procès de 13 internautes, poursuivis pour avoir pris part au cyberharcèlement massif contre l’agente d’influenceurs Magali Berdah, s’est ouvert ce lundi 27 novembre. 15 autres prévenus doivent être jugés pour des faits similaires lors de deux procès ultérieurs. Au total, 28 personnes sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Paris. Des prévenus aux « profils variés », selon le parquet de Paris. Ils « résident partout en France, avec des casiers judiciaires vierges ou bien déjà connus des services de police pour violences et stupéfiants », avait-il alors précisé en juillet dernier.
Le rappeur Booba comme dénominateur commun
Tout démarre au printemps 2022. Celui que l’on appelle le duc de Boulogne s’engage, sur les réseaux sociaux, dans une lutte acharnée contre celles et ceux qu’il appelle les « influvoleurs ». En cause ? De multiples arnaques de la part de ces personnalités, et stars de la télé-réalité, à l’encontre de leur fans. En ligne de mire, Magali Berdah, entrainant de la part d’autres utilisateurs et utilisatrices des milliers de messages haineux. « J’ai été à deux doigts de me jeter par la fenêtre », a-t-elle affirmé, la voix parfois entrecoupée de sanglots, durant son audition. De son côté, le rappeur Booba a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire début octobre, pour harcèlement moral aggravé à l’encontre de Magali Berdah.
Au-delà des messages injurieux, une autre circonstance aggravante a été retenue pour quatre des prévenus : le fait que le cyberharcèlement ait été commis « en raison de l’appartenance vraie ou supposée à une religion ». En d’autres termes, de propos à caractères antisémites, en raison de la confession juive de la femme d’affaires. « Dommage que Hitler ne s’est pas occupé de tes grands-parents. », pouvait-on notamment lire de la part de l’un d’entre eux.
Réguler la pratique des influenceurs
Des reproches qui ont alimenté un débat plus large sur le secteur des influenceurs, pour lequel le Parlement a voté une régulation début juin. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a depuis épinglé pas moins d’une dizaines d’influenceur·euses pour leurs pratiques en ligne. Parmi lesquels Capucine Anav, cousine de de Magali Berdah, accusée l’été dernier de publicité frauduleuse sur les réseaux sociaux.
Tous les prévenus encourent jusqu’à trois ans d’emprisonnement, et des amendes allant de 7 500 euros à 45 000 euros. Conséquence d’un cyberharcèlement ayant occasionné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours de la part de Magali Berdah.
Coralie Chovino
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