Cyberharcèlement contre Magali Berdah : un premier procès s’ouvre à Paris

Treize personnes sont jugées depuis ce lundi 27 novembre au tribunal correctionnel de Paris pour avoir pris part au cyberharcèlement massif dont est victime Magali Berdah, patronne de l’agence d’influenceurs Shauna Events. Au total, 28 personnes seront jugées au cours de trois procès.

Surnommée « la Papesse des influenceurs », Magali Berdah subit depuis mai 2022 les menaces de mort, de crime et de viol de milliers d’internautes. Un premier procès s’est ouvert ce lundi pour juger 13 des 28 prévenus dans l’affaire. Ils encourent jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour harcèlement aggravé. 


Parmi les 28 prévenus, 26 sont des hommes. Selon une précision du parquet de Paris à l’AFP début juillet, ils « résident partout en France, avec des casiers judiciaires vierges ou bien déjà connus des services de police ». Lors de ce premier jour de procès, seuls six des treize prévenus étaient présents.

Hier, le procès sous tension a commencé avec le témoignage de Magali Berdah, la voix tremblotante : « Personne ne mérite de se faire menacer de mort du lever du matin au coucher le soir ; se faire menacer d’être décapitée et violée, cela ne fait partie d’aucun métier. » 

Booba, l’absent au coeur du procès

Magali Berdah dénonce une campagne de cyberharcèlement lancée par Booba sur les réseaux sociaux. Le rappeur s’est lancé au printemps 2022 dans une véritable croisade contre ceux qu’il appelle les « influvoleurs », les influenceurs qui arnaquent les internautes. La légende du rap français aux 6 millions d’abonnés sur Twitter dément les accusations de Magali Berdah, qui le juge responsable de ce déferlement de haine à son encontre.

Le rappeur Booba n’est pas concerné par ce procès. Il a été mis en examen dans cette affaire début octobre et placé sous contrôle judiciaire pour harcèlement moral en ligne aggravé. Les investigations sur lui se poursuivent. Ses reproches sur les arnaqueurs des réseaux sociaux ont nourri un plus grand débat sur l’influence, secteur que le Parlement a décidé de réguler en juin.

Un deuxième procès permettra de juger huit autres prévenus les 11 et 12 décembre prochains. Un troisième et dernier procès se déroulera fin janvier à Paris.

Léna Lebouteiller avec AFP