Le trafic aérien reste fortement perturbé dans les aéroports français ce jeudi, malgré un accord trouvé à la dernière minute avec les contrôleurs. Trois avions sur quatre sont supprimés à Paris-Orly en pleines vacances scolaires.

Au moment où deux des trois zones académiques sont toujours en vacances, le trafic aérien bat de l’aile. La grève des contrôleurs aériens conduit ce jeudi encore à de nombreuses annulations de vols dans tous les aéroports français, et ce malgré la levée du préavis de grève lancé par le syndicat majoritaire des contrôleurs aériens.
50 à 75% des vols sont annulés au départ ou à l’arrivée de Paris-Orly et 55% à Roissy-Charles-de-Gaulle. Ces aéroports concentrent à eux deux environ la moitié du trafic français. À Marseille-Provence, ce sont 65% des avions qui sont supprimés. Le trafic reste très perturbé partout ailleurs en France métropolitaine. Parmi les compagnies concernées, Ryanair, Transavia ou encore AirFrance.
Outre les annulations massives, de nombeux « retards sont également à prévoir », a annoncé la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) dans un communiqué de presse publié mercredi soir. Elle a donc conseillé aux voyageurs de modifier leur vol ou d’être remboursés.
Par ricochet, plus de 2000 vols européens ont été supprimés et un millier risque d’éviter l’espace aérien français, selon Airlines for Europe, la principale association de compagnies aériennes européennes.
Un accord de fin de crise trouvé pendant la nuit
Ces annulations massives ont été imposées au vu du nombre de grévistes déclarés parmi les indispensables contrôleurs aériens. Le Syndicat national des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA) avait déposé un préavis de grève pour marquer son opposition à une refonte « inacceptable », selon lui, de l’organisation du contrôle aérien en France. Il demandait aussi une amélioration des conditions de travail des contrôleurs et une hausse de leur rémunération.
Face à cette situation de crise, des discussions ont eu lieu toute la nuit de mardi à mercredi, en présence du SNCTA et de la DGAC. Les deux parties présentes autour de la table sont parvenues à un accord qui a permis au syndicat majoritaire d’annoncer la levée de son préavis de grève pour ce jeudi.
Un accord dont s’est félicité Patrice Vergriete, le ministre des Transports. « Je me réjouis de l’accord trouvé cette nuit avec le SNCTA (…) sur les modalités d’accompagnement d’une modernisation historique du contrôle aérien français, s’est-il exclamé sur X (ex-Twitter). Une modernisation du contrôle aérien qui permettra à l’avenir de limiter les retards lors des pics d’affluence et d’améliorer encore la sécurité des usagers. Cet accord conclut quinze mois de négociation. »
La levée du préavis de grève a laissé croire à une amélioration du trafic aérien pour la fin de la semaine. Mais le délai étant trop court pour reprogrammer les vols annulés, les perturbations ne sont pas prêtes de s’arrêter.
D’autres grèves à venir
Malgré l’engagement à ne pas faire grève pour des raisons salariales dans le cadre d’une « trêve olympique » annoncée en septembre dernier, le SNCTA avait déposé un préavis de grève supplémentaire pour le pont de l’ascension du 9 au 11 mai. Après les négociations, le syndicat y a finalement renoncé.
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Toutefois, une nouvelle grève reste à prévoir sur l’ensemble du mois de juin. Pour cause, un autre syndicat représentatif des contrôleurs aériens, l’Unsa ICNA, a déposé un préavis de grève.
Le doute plane encore sur les Jeux olympiques de l’été 2024. « Je suis assez serein sur les Jeux olympiques, je suis certain que les agents des transports montreront une très belle image de la France », a déclaré confiant le ministre Patrice Vergriete sur BFMTV. De son côté, le PDG d’Aéroports de Paris Augustin de Romanet a aussi tenu à rassurer les Français sur franceinfo : « Les aéroports seront en bon état de marche et il n’y a pas de troubles à redouter. » Une promesse dont les vacanciers espèrent qu’elle sera tenue cet été.
Anna Mexis