Alors que les élections européennes approchent, Emmanuel Macron a présenté un grand discours sur l’Europe à la Sorbonne, comme il l’avait déjà fait en 2017. Si le président a rappelé les avancées de l’Europe en matière d’unité et de souveraineté, le chemin reste encore long pour répondre aux défis à venir.

Comme un air de déjà-vu. Emmanuel Macron avait rendez-vous ce jeudi 25 avril à la Sorbonne pour un discours sur le thème de l’Europe Puissance. Devant les ambassadeurs des 26 autres pays de l’Union européenne, ainsi que celui de l’Ukraine et la délégation de la Commission européenne en France, le président de la République a d’abord fait le bilan, depuis son premier discours en 2017 avant de fixer le cap pour l’avenir de l’Europe.
Lors de son premier grand discours sur l’Europe prononcé six mois après son élection en 2017, le nouveau président de la République avait dénoncé une Europe devenue « trop faible, trop lente, trop inefficace ». Il avait ainsi formulé une longue liste de propositions pour réaffirmer la souveraineté de l’Europe. Aujourd’hui, « nous n’avons pas tout réussi », affirme le président qui veut néanmoins relativiser le bilan. « Malgré les crises, jamais l’Europe n’a autant avancé », rappelant ainsi les efforts européens conjoints pour répondre à la crise du Covid, ou encore « l’unité européenne dès le premier jour de l’agression russe en Ukraine. ».
« Nous sommes à un moment bascule… L’Europe peut mourir »
Pour autant, il reste du chemin à parcourir. Et de nombreux défis attendent l’Europe. Parmi eux, les nouvelles tensions avec des pays possédant l’arme nucléaire comme la Russie ou l’Iran. Ou encore l’aide des États-Unis à l’Ukraine qui est menacée : « Les Etats-Unis d’Amérique ont d’autre priorités : d’abord eux-mêmes, et c’est légitime, et la question chinoise. La question européenne n’est pas une priorité géopolitique ».
Face à ces « constats géopolitiques et de sécurité », l’enjeu de renforcer la défense européenne est « essentiel ». « Nous sommes à un moment bascule », a poursuivi Emmanuel Macron, avant de faire un premier constat :« D’abord, nous ne sommes pas armés face au risque qui est le nôtre, malgré tout ce que nous avons fait. » « Nous avons engagé un réveil, estime le président français. La France elle-même a doublé son budget de défense. (…) Mais, à l’échelle du continent, ce réveil est encore lent, trop faible face au réarmement généralisé du monde. »
Pour répondre à ces défis, Emmanuel Macron appelle les Européens à bâtir une « défense crédible du continent européen ». Il a notamment soumis l’idée d’une « création d’une Académie militaire européenne pour former les futurs cadres militaires et civils européens ». Autre annonce faite par le président de la République : « une préférence européenne dans l’achat de matériel militaire ». Objectif : coordonner encore plus la stratégie de défense européenne.
« C’est aujourd’hui que se joue la question de la paix et de la guerre sur notre continent et de notre capacité à assurer notre sécurité ou pas… L’Europe puissance, c’est simple, c’est une Europe qui se fait respecter et qui assure sa sécurité. »
Un discours fort à deux mois des élections européennes
Son entourage l’assurait : le discours sur l’Europe que prononcera Emmanuel Macron ce jeudi à la Sorbonne « n’est pas un événement de campagne ». Il vise à définir les priorités de la France pour l’agenda stratégique de l’Union européenne qui sera fixé par la prochaine Commission de Bruxelles.
Pourtant, cette prise de parole dans l’enceinte de l’université parisienne tombe deux mois avant les élections européennes. Et on était logiquement en mesure de se demander si ce discours n’avait pas lieu aussi pour booster la campagne européenne de Renaissance. La liste menée par Valérie Hayer a 14 points de retard face à celle du Rassemblement National, créditée de 31% selon les derniers sondages de l’Ifop-Fiducial pour LCI.
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