Emmanuel Macron prononce ce 25 avril un discours à la Sorbonne sur l’Europe. Une Europe qui doit se faire « respecter et assure[r] sa sécurité ». Le président entend apporter cette vision à Bruxelles, alors que la campagne de sa tête de liste Valérie Hayer peine à démarrer.
Par Nils Leprêtre

« Je souhaitais venir ici dans ce même lieu pour renouer le fil de nos accomplissements et parler de notre avenir ». Sept ans après son discours à la Sorbonne pendant lequel il avait défendu une « Europe souveraine », Emmanuel Macron est de retour à l’université parisienne.
Cette fois pour défendre l’« Europe puissance ». « C’est une Europe qui se fait respecter et qui assure sa sécurité », explique le président, souhaitant sortir « d’une forme d’état de minorité stratégique ». Il poursuit : « Notre Europe aujourd’hui est mortelle. Elle peut mourir et cela dépend uniquement de nos choix. » Pour Emmanuel Macron, le principal danger pour l’Europe est actuellement la guerre en Ukraine
En réponse à ce contexte international conflictuel, le chef de l’Etat souhaite développer une industrie de la défense européenne. Il appelle à nouveau à un « emprunt européen » pour financer cet investissement et plaide pour « une préférence européenne dans l’achat de matériel militaire ».
Les accomplissements des dernières années
A l’occasion de ce discours, le président est par ailleurs revenu sur les accomplissements de ces dernières années : la gestion de la crise du Covid-19, la réaction européenne à la guerre en Ukraine, la réaffirmation des frontières européennes… « Il y a eu des réussites, en particulier en matière d’unité et de souveraineté, ce qui n’était pas acquis », affirme le chef de l’Etat.
Si l’entourage d’Emmanuel Macron jure que ce discours n’a aucun rapport avec les élections européennes, il les influencera évidemment. Une grande partie des candidats a d’ailleurs prévu une conférence de presse pour réagir à ses annonces. Selon un sondage Elabe pour BFMTV, publié le 25 avril, le président peine à convaincre sur les questions européennes. 57% des Français douteraient de son influence réelle sur le fonctionnement et les décisions prises par l’Union européenne depuis 2017.
Campagne des européennes : un démarrage difficile pour le camp présidentiel
La liste présidentielle pour les élections européennes, conduite par Valérie Hayer, n’est guère plus populaire. Renaissance pourrait arriver loin derrière le Rassemblement national (RN) à l’issue du scrutin du 9 juin. Dans un sondage Harris Interactive du 24 avril, la liste macroniste est créditée de 17,2% des intentions de vote, quand le Rassemblement national (RN), mené par Jordan Bardella, caracole en tête avec 30,5%. Renaissance est par ailleurs talonnée par les socialistes, moins de cinq points derrière. La liste de Raphaël Glucksmann réussit une percée qui menace la deuxième place du camp présidentiel.
Le discours du président de la République d’il y a sept ans avait plutôt convaincu. Cette prise de parole lui avait permis de s’imposer sur la scène européenne, de l’aveu même de certains de ses opposants. « Je reconnais à Emmanuel Macron d’avoir marqué des points dans l’agenda qu’il s’était donné », constate François-Xavier Bellamy, tête de liste du parti Les Républicains (LR) aux élections européennes dans les colonnes du Monde. Reste à savoir si le discours « Sorbonne 2 » permettra de relancer la campagne du camp présidentiel.
A lire aussi : A Strasbourg, Raphaël Glucksmann attaque le bilan d’Emmanuel Macron