Un accord entre le principal syndicat des contrôleurs aériens et la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) a été trouvé, mercredi 24 avril. Mais ce jeudi le trafic reste perturbé. Des milliers de vols sont annulés.

Journée noire pour le trafic aérien. Mercredi 24 avril, le syndicat majoritaire des contrôleurs du trafic aérien, le SNCTA, a levé son préavis de grève. Mais la pagaille demeure en ce jeudi 25 avril puisque la décision est tombée à la dernière minute. Conséquence : 75% des vols à Paris-Orly sont annulés, 55% à Roissy-Charles-de-Gaulle et 45% sur les autres aéroports métropolitains. Et ces fortes perturbations arrivent alors qu’une partie des Français est encore en vacances scolaires. A l’heure actuelle, “des centaines de milliers de passagers (sont) dans le flou », a déploré Airlines for Europe.
L’appel à la grève avait été lancé par le SNCTA qui a rassemblé 60% des voix aux dernières élections professionnelles. Le syndicat national des contrôleurs du trafic aérien proteste contre les mesures d’accompagnement du projet de refonte complète du contrôle aérien français. Il demande notamment une augmentation de 25% des rémunérations salariales étalées sur cinq ans.
Pas d’effets sur les contribuables
Un accord “gagnant-gagnant” aurait été trouvé selon Patrice Vergriete, ministre délégué aux Transports. Le gouvernement n’a pas annoncé les concessions obtenues par les contrôleurs mais des informations circulent. Selon le quotidien Les Echos, les aiguilleurs du ciel qui s’approchent de la retraite pourront accéder aux plus hautes grilles des carrières de la fonction publique. Une victoire pour le SNCTA.
Le ministre délégué aux Transports a tenu a rassuré les Français. Ce sera une opération blanche pour le contribuable. Le budget de la DGAC, et des contrôleurs, est abondé par les redevances acquittées par les compagnies aériennes. Autre bonne nouvelle pour les Français : la SNCTA a renoncé à son deuxième préavis de grève pour le week-end prolongé de l’Ascension.
Pour ce qui est de la question des badgeuses, « il n’y a pas de négociation possible”, assure le ministère. Leur généralisation vise à contrôler la présence effective des contrôleurs aériens dans les tours de contrôle. Une nécessité selon le Bureau d’enquête et d’analyses (BEA) après ses révélations sur l’incident du 31 décembre 2022 à l’aéroport de Bordeaux Mérignac. Deux avions avaient failli se percuter suite à un manque de personnel dans la tour de contrôle. La refonte produira alors “plus de sécurité et moins de retards” promet le ministère.
Le trafic européen perturbé
Ces perturbations sont d’une ampleur sans précédent “depuis une vingtaine d’années” selon le patron des aéroports parisiens Augustin de Romanet. Ses conséquences touchent l’ensemble du trafic aérien européen. Ce sont plus de 2 000 vols qui ont été supprimés en Europe et plus de 1 000 qui risquent d’être déroutés pour éviter l’espace aérien français selon Airlines for Europe, la principale association de compagnies aériennes du continent. Avec cette nouvelle grève, les contrôleurs aériens français se sont attirés les foudres de l’Association internationale du transport aérien (Iata) qui rassemble plus de 300 compagnies captant 83% du trafic mondial. L’Iata les accusent de “chantage” avec leurs “exigences exorbitantes”.
Le Parisien avec AFP