Malgré la levée du préavis de grève du syndicat majoritaire des contrôleurs aériens français mercredi matin, des milliers de vols sont annulés jeudi 25 avril. Des centaines de milliers de passagers sont impactés en France mais aussi en Europe.

Le ciel aérien français est très perturbé jeudi 25 avril. À l’aéroport d’Orly, deuxième plus grand aéroport français, 75% des vols sont annulés. À Roissy-Charles-de-Gaulle, ce sont 55% des avions qui resteront cloués au sol. Selon Augustin de Romanet, le patron des aéroports parisiens, ces annulations sont d’une ampleur sans précédent « depuis une vingtaine d’années ».
Au total, plusieurs centaines de milliers de passagers sont concernés, alors même que les vacances scolaires françaises sont encore en cours dans les zones A et B. Mais l’impact de ces suppressions dépasse les frontières : 2000 vols en provenance ou à destination de pays européens sont annulés, et 1000 autres risquent d’être déroutés pour éviter de passer dans l’espace aérien français. « C’est totalement inacceptable », s’est agacé Michael O’Leary, le directeur général de la compagnie Ryanair dans une vidéo postée sur X (ex-Twitter). Il y dénonce les grèves françaises et annonce que sa compagnie a dû annuler 300 vols jeudi, affectant près de 50 000 passagers.
Une réforme contestée
La cause de ce chahut : l’appel à une « mobilisation record » du syndicat majoritaire des contrôleurs aériens, le syndicat national des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA). En septembre pourtant, il s’était engagé à ne pas faire grève pour des raisons salariales au nom d’une « trêve olympique ». Par cette mobilisation, le syndicat avait pour objectif d’obtenir une revalorisation salariale de 25% étalée sur cinq ans.
Depuis quinze mois, la direction générale de l’aviation civile (DGAC) est en discussion avec les syndicats de contrôleurs aériens au sujet de la refonte du contrôle aérien français. Ce projet prévoit de réorganiser le travail des aiguilleurs du ciel pour faire face à l’augmentation attendue du trafic dans les prochaines années, comme en réduisant le nombre de centres de contrôle. En contrepartie, des augmentations salariales sont prévues, mais insuffisantes aux yeux du SNCTA. Le syndicat estime même dans son appel à la grève que la faiblesse des augmentations « accentue le décalage avec [ses] homologues européens ».
Un accord trouvé
Pour mettre en adéquation les effectifs de contrôleurs aériens disponibles et le trafic, la DGAC s’est vue contrainte d’annuler plusieurs milliers de vols. Elle a également lancé de nouvelles négociations avec les syndicats au sujet de la réforme du contrôle aérien français. Avec le SNCTA, les négociations ont débouché sur un accord mercredi matin, trop tard pour permettre un retour à la normale des vols : « L’aboutissement tardif des négociations avec le SNCTA et la nécessité de finaliser les discussions avec les autres organisations syndicales ne permettront pas d’éviter des perturbations », a expliqué la DGAC.
Le ministre délégué aux Transports, Patrice Vergriete, s’est tout de même félicité de cet accord « gagnant-gagnant » et a expliqué que la refonte « permettra à l’avenir de limiter les retards lors des pics d’affluence et d’améliorer encore la sécurité des usagers ».
Aucun détail n’a encore été donné sur les concessions salariales accordées aux contrôleurs aériens mais l’accord trouvé semble convenir au SNCTA. Il a renoncé à un deuxième préavis de grève pendant le week-end prolongé de l’Ascension, du 9 au 11 mai.
Le Monde avec AFP