Ce mardi débute la deuxième journée du procès d’Olivier Dussopt. Le ministre du Travail est poursuivi pour délit de favoritisme. Il est soupçonné d’avoir favorisé une entreprise dans l’attribution d’un marché public, lorsqu’il était maire d’Annonay (Ardèche).

Après François Bayrou et Éric Dupond-Moretti, c’est au tour d’Olivier Dussopt d’être sur le banc des accusés. Son procès s’est ouvert hier devant le tribunal correctionnel de Paris et s’étendra jusqu’au 30 novembre. Le ministre du Travail est poursuivi pour délit de favoritisme. « Je souhaite que cette audience me permette d’établir ma bonne foi », a déclaré le locataire de la rue de Grenelle. Il a de nouveau insisté sur le fait que quatre des cinq griefs de l’enquête ouverte par le parquet national financier ont été classés. « C’est un point très important pour moi, car ça signifie qu’il a écarté » toute notion « de corruption, d’enrichissement personnel », a souligné Olivier Dussopt.
Soupçons de favoritisme
Les faits qui lui sont reprochés remontent à la fin des années 2000, lorsqu’il était maire socialiste d’Annonay en Ardèche. Olivier Dussopt est soupçonné d’avoir favorisé la Société d’aménagement urbain et rural (Saur), un groupe de gestion de l’eau, dans l’attribution d’un marché public. Il aurait communiqué aux dirigeants de l’entreprise des informations privilégiées concernant l’appel d’offres. Il aurait également fait modifier les critères d’évaluation afin de favoriser la Saur. Olivier Dussopt risque une peine de deux ans de prison ferme et 30.000 euros d’amende selon BFMTV.
En cas de condamnation il devra démissionner
La Première ministre Élisabeth Borne a rappelé la règle en vigueur : en cas de condamnation, le ministre du Travail devra quitter le gouvernement. À l’approche de son procès, Olivier Dussopt s’est montré très discret. Alors qu’il était censé incarner la jambe gauche du projet de loi immigration, il a été totalement absent des débats au Sénat.
Le mois de novembre a été un mois judiciaire noir pour la macronie. François Bayrou, président du MoDem et allié d’Emmanuel Macron, a été jugé dans l’affaire des assistants parlementaires européens. C’était ensuite au tour du ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti de comparaître devant la Cour de justice de la République pour prise illégale d’intérêts. La décision sera rendue le mercredi 29 novembre. L’accusation a requis un an de prison avec sursis à l’encontre du garde des Sceaux.
En savoir plus sur ce sujet
- Le ministre du travail, Olivier Dussopt, devant la justice pour « favoritisme » (Le Monde)
- Le procès d’Olivier Dussopt pour « favoritisme » s’est ouvert, et il tombe très mal pour le ministre (Le HuffPost)
Hicham-Mehdi Zemrani