Transport aérien : Ce qu’il faut savoir de la vague d’annulations de vols

Roissy, Orly, Toulouse, Marseille-Provence. Ce jeudi 25 avril, les aéroports français anticipent d’importantes perturbations du trafic aérien. Et ce, en dépit de la levée du préavis de grève des contrôleurs qui demandent une augmentation salariale.  

Les contrôleurs aériens réclament une hausse des rémunérations. ©Unsplash / Maëva Vigier

Le trafic aérien est au ralenti. Malgré la levée d’un préavis de grève, les aéroports français et européens subiront d’importantes perturbations ce jeudi. D’après la principale association de compagnies aériennes du Vieux Continent Airlines for Europe, plus de 2 000 vols ont été supprimés et 1 000 autres risquent de devoir se dérouter pour contourner l’espace aérien français. Parmi les compagnies aériennes les plus impactées : Ryanair et Transavia qui ont respectivement annulé plus de 300 et 198 vols.

Même bouleversement dans l’Hexagone. 3 vols sur 4 sont supprimés au départ ou à l’arrivée de Paris-Orly, 55% à Roissy-Charles-de-Gaulle, 65% à Marseille-Provence et 45% sur l’ensemble des autres aéroports de France métropolitaine. Une annulation imposée par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) au vu du nombre de grévistes déclarés parmi les indispensables contrôleurs aériens. Une annulation d’une ampleur sans précédent depuis une vingtaine d’années.

Une réforme qui divise

En cause ? la refonte du contrôle aérien français. Ce projet de réforme prévoit une réorganisation du travail des aiguilleurs du ciel pour parer l’inévitable augmentation du trafic aérien de 20 à 30% d’ici à 2030. Concrètement, l’objectif est de rendre ces employés plus productifs. Afin d’y parvenir, les centres de contrôle d’approche qui permettent l’atterrissage des avions sans risque, seront réduits au nombre de 16, contre 30 actuellement. « La refonte produira plus de sécurité, moins de retard », a justifié à l’AFP Patrice Vergriete, ministre délégué aux Transports.  Une fermeture conséquente qui provoquerait de nombreuses mutations d’aiguilleurs du ciel.

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En contrepartie, le Syndicat majoritaire des contrôleurs aériens (SNCTA) réclame 25% de hausse des rémunérations, étalées sur cinq ans, à hauteur d’une augmentation de 5,04% par an. Une augmentation qui s’ajoute à la demande du doublement de leur indemnité de qualification spéciale, aujourd’hui fixée à 1 000 euros.

Des revendications perçues d’un mauvais œil à l’étranger. L’Association internationale du transport aérien (Iata) a accusé les contrôleurs aériens français de « chantage avec leurs exigences exorbitantes ». D’autant plus que ces préavis de grève interviennent en dépit de la trêve Olympique conclue pour suspendre les actions syndicales jusqu’à la fin des Jeux 2024.

Préavis de grève levé pour l’Ascension

L’annonce mercredi matin d’un accord de fin de crise entre l’aviation civile et les aiguilleurs du ciel du SNCTA avait laissé espérer un allègement des contraintes pesant sur les compagnies aériennes. Pourtant ce jeudi 25 avril, le trafic aérien n’en reste pas moins impacté. La raison ? Les trois autres syndicats de contrôleurs l’Unsa-ICNA, l’Usac-CGT et le Spac-CFTD n’ont pas eu le temps et la volonté de lever leur préavis de grève.

« L’aboutissement tardif des négociations avec le SNCTA et la nécessité de finaliser les discussions avec les autres organisations syndicales ne permettront pas d’éviter des perturbations le jeudi 25 avril 2024 », a expliqué mercredi matin la (DGAC). Les compagnies aériennes ont toutefois souligné que leurs clients avaient la possibilité de changer de vol gratuitement ou d’être remboursés.

Mais que les voyageurs français devant prendre l’avion les 9, 10 et 11 mai prochains se rassurent. Selon Patrice Vergriete, le SNCTA aurait renoncé à son deuxième préavis de grève qui devait impacter le week-end à rallonge de l’Ascension.

Aurore Maubian