Discours de la Sorbonne : un meeting de campagne électorale ?

Emmanuel Macron prononce un discours sur les nouveaux objectifs européens à La Sorbonne. Mais à l’approche des élections européennes le 9 juin, certains membres de l’opposition raille la venue du chef d’Etat dans l’université parisienne. Selon eux, il s’agit de relancer la campagne européenne de Valérie Hayer, tête de liste du parti présidentiel.

« Notre Europe peut mourir et cela dépend uniquement de nos choix », affirme Emmanuel Macron pendant l’acte II de son discours à La Sorbonne. © Flickr

« Personne n’est dupe, c’est un discours au service de la campagne européenne des macronistes ». À l’annonce du discours du président de la République à la Sorbonne, les réactions chez l’opposition ne se sont pas faites attendre. 

Ce matin le député LFI, Thomas Portes, affirme sur Sud Radio : « Il y a une distorsion de la concurrence quand le président de la République se jette dans le débat pour rattraper une campagne macroniste à l’arrêt ». Également la député Manon Aubry du parti des Insoumis a réagit à cette nouvelle : « 7 ans après le premier discours de Macron à la Sorbonne, il est temps de faire le bilan ! (et il n’est pas bon) »a-t-elle écrit sur son compte X (ex-twitter).

Côté eurodéputés, ils n’ont pas manqué d’ironiser, à l’image de Nora Mebarek sur X : 
« Désolée j’ai voté, cher Emmanuel Macron », écrit-elle sur X. « Il vaut mieux éviter de faire un discours sur l’Europe à Paris, au moment même où les députés votent pour la dernière fois à 
Strasbourg »
. En effet, l’ensemble des 79 sont conviés à ce discours alors qu’ils doivent, au même moment, siéger à Strasbourg pour les voter les lois de la dernière session plénière avant le scrutin européen. 

Avec 17,2% d’intention de vote pour les européennes, Valérie Hayer, la tête de liste du parti Renaissance est au plus bas dans les sondages. Elle est largement devancée par le Rassemblement national (RN) qui fait, lui, plus de 30% des intentions de vote et ne cesse de progresser dans les enquêtes d’opinion. Mais l’Elysée s’est opposée à l’idée d’une arrivée du chef de l’Etat dans la campagne. L’entourage du Président précise que ce grand discours à la Sorbonne est un moment « régulier de la vie des institutions européennes ». 

L’extrême droite ne se rendra pas au discours 

« Je n’ai pas eu l’arrogance de l’inviter [Emmanuel Macron] à mon lancement de campagne à Marseille »explicite le président du RN, invité de Thomas Sotto sur Télématin. « Notre adversaire, c’est lui », ajoute le candidat du RN aux élections européennes.  À six semaine du scrutin européen, Jordan Bardella pointe du doigt « l’arrogance de cette invitation » qui s’apparente, selon lui, à « un lancement de campagne »« le 9 juin, il faudra mettre des limites au président de la République », répète-t-il. 

Au micro de Thomas Sotto, le chef de file du RN ne manque pas de revenir sur le bilan européen du président de la République. « C’est une Europe qui décroche en terme de croissance, de productivité et d’innovation ». Il mentionne également la hausse du tarif de l’électricité pour les français et entreprises et souligne « une crise agricole sans précédent ».

Lire aussi : Quel bilan des propositions du président sur l’Europe ? 

Si certains eurodéputés sont absents, ils prêteront néanmoins une oreille attentive au discours du président de la République. En tout cas, les poids lourds du gouvernement sont bien présents à la Sorbonne notamment le premier Ministre Gabriel Attal, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, ainsi que les représentants du législatif avec les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. Une présence qui attire le regard est aussi celle de l’ancienne première ministre Elisabeth Borne qui sert tour à tour les mains des ministres, sourire aux lèvres. 

Noa Ambrosino